Interviews, Pneumologue

Pollution de l’air : une menace silencieuse pour la santé publique

Interview – Dr Iantsotiana RAKOTONDRABE

Une urgence mondiale sous-estimée

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 9 personnes sur 10 respirent un air pollué, et 13 décès par minute sont attribués à la pollution atmosphérique.

Peut-on réellement mesurer l’ampleur de ce chiffre ?
Il ne s’agit plus d’un simple risque : c’est une véritable menace pour la santé publique.

Les principales sources de pollution à Madagascar

Plusieurs facteurs contribuent à la dégradation de la qualité de l’air :

  • Les feux de brousse
  • L’accumulation des déchets
  • Les émissions industrielles
  • Les gaz d’échappement des véhicules, notamment diesel
  • L’utilisation du charbon de bois et du bois de chauffe

Ces activités libèrent dans l’atmosphère des substances nocives telles que :

  • Les particules fines (PM2,5)
  • Le monoxyde de carbone
  • Le dioxyde de soufre
  • Les oxydes d’azote
  • Le benzène
  • L’ammoniac
  • L’ozone
  • Les hydrocarbures aromatiques
  • Le plomb

Ces polluants ont des effets directs et parfois graves sur la santé humaine.

Quels organes sont touchés ?

La pollution de l’air affecte de nombreux organes :

  • Les poumons
  • Le cœur et les vaisseaux sanguins
  • Le cerveau
  • La peau

Mais les premières atteintes concernent le système respiratoire.

Elle peut provoquer ou aggraver :

  • L’asthme
  • Les allergies respiratoires
  • La bronchite chronique
  • La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

Ces maladies se manifestent par :

  • Une toux persistante
  • Une sensation d’oppression thoracique
  • Une difficulté à respirer

Pollution et asthme : un lien démontré

Les recherches scientifiques confirment que la pollution atmosphérique augmente le risque d’asthme chez l’enfant, y compris dès la période prénatale.

Par ailleurs, les hospitalisations pour crise d’asthme sont significativement plus fréquentes — jusqu’à 15 % de plus — chez les personnes vivant durablement dans des zones fortement polluées.

Les conséquences à long terme

La bronchite chronique, souvent associée au tabagisme mais également à la pollution de l’air, peut évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique.

Cette complication altère progressivement la fonction pulmonaire et augmente le risque de décès prématuré.

Au-delà des maladies respiratoires, la pollution favorise également :

  • Les infections respiratoires, notamment chez les enfants et les personnes vulnérables
  • Certaines formes de cancer, notamment du poumon et de la vessie

Une responsabilité collective

La lutte contre la pollution environnementale est une responsabilité partagée.

Les autorités publiques jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre de politiques de protection de l’environnement et de santé publique. Toutefois, l’action doit aussi commencer au niveau individuel et communautaire.

Parmi les mesures essentielles :

  • Respecter la propreté à domicile et dans les espaces publics
  • Lutter contre les feux de brousse
  • Réduire les émissions liées au charbon et aux véhicules
  • Encourager la plantation d’arbres

Car en matière de santé publique, le principe reste le même :
mieux vaut prévenir que guérir.