Nom de l’auteur/autrice :cycxp

Découverte

Intelligence artificielle et médecine : vers une troisième vague

Par Dr RANDRIARITSARA Marcel Stéphan
Voilà Voilà Magazine #Santé


L’intelligence artificielle (IA) s’impose aujourd’hui comme un sujet central dans le monde médical. À travers cet article, je propose une brève analyse de cette transformation majeure.

Si l’on observe l’histoire de la médecine, nous entrons actuellement dans ce que l’on pourrait appeler une troisième vague.

La médecine a d’abord débuté avec des pratiques traditionnelles : chamanisme, hypnose, magnétisme…


Elle a ensuite évolué vers une médecine moderne basée sur :

  • les traitements chimiques et synthétiques,
  • les avancées technologiques,
  • et la médecine lésionnelle, fondée sur la compréhension physiopathologique des maladies.

Aujourd’hui, une nouvelle étape émerge progressivement : l’intégration de l’intelligence artificielle.


Une évolution déjà en marche

De nombreux instituts utilisent désormais l’IA, et certains professionnels de santé s’en servent déjà dans leur pratique.

Cependant, cette évolution suscite encore des résistances :

  • manque de confiance envers les algorithmes,
  • crainte d’une médecine déshumanisée,
  • interrogations éthiques et culturelles.

J’ai déjà abordé cette question sous l’angle :
“L’homme et la machine ou l’homme contre la machine ?”
La conclusion reste inchangée : L’homme et la machine.


L’IA face à l’essence même du soin

La médecine ne se limite pas à des données ou des diagnostics. Elle repose aussi sur ce que le philosophe Walter Benjamin appelait l’“aura”.

Dans le soin, cette “aura” correspond à :

  • l’empathie,
  • la relation humaine,
  • l’écoute,
  • l’intuition clinique,
  • la rencontre entre deux personnes.

Certains craignent que l’introduction de l’IA fasse disparaître cette dimension essentielle.


Une puissance technologique indéniable

Pourtant, l’intelligence artificielle présente des avantages majeurs :

  • rapidité,
  • précision,
  • efficacité.

Mais une question fondamentale demeure :
Une machine peut-elle comprendre la souffrance ?
– Peut-elle ressentir l’angoisse ou l’anxiété d’un patient ?

Ces interrogations alimentent des débats profonds et souvent sans réponse définitive.


Vers une médecine augmentée, pas remplacée

Si l’on regarde l’évolution historique :

  • médecine traditionnelle,
  • médecine chimique,
  • technologies médicales (imagerie, prothèses),
  • thérapies géniques…

L’intelligence artificielle s’inscrit simplement dans cette continuité.

Elle ne constitue pas une rupture totale, mais une transformation.


Conclusion

L’intelligence artificielle ne remplacera pas le médecin.

Mais elle transformera profondément la pratique médicale.

L’avenir repose sur une alliance :
l’homme et la machine.

Nous entrons ainsi dans une nouvelle ère :
celle de la troisième vague de la médecine.

Actualité

Journée mondiale de la santé 2026 : Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science !

Chaque année, le 7 avril marque la Journée mondiale de la santé, une initiative de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui commémore sa création en 1948. Cette journée sensibilise le public aux grands enjeux de santé publique et rappelle que la santé est un droit fondamental pour tous.

Image officielle de la campagne 2026 – Une jeune fille souriante symbolisant l’espoir et l’unité pour la santé mondiale.

Thème 2026 : « Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science »

Cette année, l’OMS a choisi le thème « Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science » (Together for health. Stand with science).

Ce thème met en lumière le pouvoir de la collaboration scientifique pour protéger la santé des êtres humains, des animaux, des plantes et de la planète entière. Il s’inscrit dans l’approche « Une seule santé » (One Health), qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, animale et environnementale.

Cette journée lance une campagne d’un an visant à renforcer la confiance dans la science et à transformer les découvertes en actions concrètes.

Bannière officielle OMS – « Together for Health. Stand with Science »

Illustration touchante – Des professionnels de santé et des citoyens unis autour d’un cœur, représentant la solidarité.

L’approche « Une seule santé » expliquée

Infographie claire sur l’approche One Health – Elle montre les liens entre la santé humaine, animale et environnementale (60 % des maladies infectieuses humaines ont une origine animale, etc.).

Pourquoi cette journée est-elle importante ?

La Journée mondiale de la santé 2026 est l’occasion de :

  • Sensibiliser aux priorités de santé publique ;
  • Promouvoir l’accès équitable aux soins et aux avancées scientifiques ;
  • Encourager la collaboration entre gouvernements, scientifiques, professionnels de santé et citoyens ;

• Renforcer la confiance dans la recherche face aux défis comme les pandémies, le changement climatique et les inégalités sanitaires.

Illustration dynamique – Personnes actives, nature et planète, symbolisant un mode de vie sain et la protection de l’environnement.

Agissons ensemble !

À l’occasion de cette journée, prenez un moment pour réfléchir à votre santé et à celle de votre entourage. Adoptez des habitudes saines, informez-vous auprès de sources fiables (comme le site de l’OMS) et soutenez les initiatives locales ou internationales.

Interviews, Neurologue

L’épilepsie (« Androbe ») : une maladie neurologique encore mal comprise

Interview – Dr RAJAONARISON Lala Andriamasinavalona
USFR Neurologie et Cardiologie – CHU Place Kabary, Antsiranana

Qu’est-ce que l’épilepsie ?

L’épilepsie, appelée androbe en malgache, est une maladie du cerveau.

Elle se définit par la répétition d’au moins deux crises épileptiques non provoquées, espacées d’au moins 24 heures.

Ces crises, également appelées « fanintona » ou parfois « aretim-borona » dans le langage courant, surviennent de manière brutale et répétitive.

Il est important de souligner que :

  • L’épilepsie est une maladie neurologique
  • Elle se soigne
  • Elle n’est pas contagieuse

Les différentes formes de crise épileptique

L’épilepsie peut se manifester sous plusieurs formes.

1. Les crises d’absence (fréquentes chez l’enfant)

Certains enfants présentent ce que l’on appelle des « crises d’absence ».

Les parents ou les enseignants peuvent remarquer que l’enfant semble soudainement distrait, absent ou inattentif en classe.

Ces épisodes :

  • Durent environ 10 secondes
  • Peuvent se répéter de 10 à 200 fois par jour
  • Perturbent l’apprentissage s’ils ne sont pas diagnostiqués

2. Les crises atoniques

Dans ce cas, la personne perd brutalement son tonus musculaire.

Elle peut s’effondrer soudainement au sol.
Ces chutes peuvent entraîner des traumatismes.

3. Les crises avec mouvements involontaires

Certaines formes se manifestent par des mouvements incontrôlés :

  • Crise myoclonique : secousses brèves des membres
  • Crise clonique : mouvements répétitifs rythmiques
  • Crise tonique : rigidité musculaire
  • Crise tonico-clonique : forme la plus connue, avec rigidité suivie de secousses généralisées

Ces crises :

  • Surviennent brutalement
  • Durent généralement quelques secondes à quelques minutes
  • Se répètent de manière similaire d’un épisode à l’autre

Pendant une crise : que faut-il faire ?

Lors d’une crise tonico-clonique, la personne peut perdre connaissance et présenter des mouvements convulsifs. Elle peut également émettre de la salive mousseuse.

Il est essentiel de rappeler que cette salive ne transmet pas la maladie.

Les gestes à adopter :

  • Protéger la personne pour éviter qu’elle ne se blesse
  • La placer sur le côté si possible
  • Ne rien introduire dans sa bouche
  • Ne pas essayer de bloquer les mouvements

Certaines croyances, comme l’utilisation de feuilles vertes pour arrêter la crise, n’ont aucune efficacité médicale.

Après une crise, il est recommandé d’orienter la personne vers un centre de santé afin d’évaluer la situation et d’adapter le traitement si nécessaire.

L’épilepsie chez l’enfant : un avenir possible

Un enfant atteint d’épilepsie peut suivre une scolarité normale si la maladie est bien diagnostiquée, traitée et surveillée.

Un traitement adapté permet de réduire, voire de contrôler totalement les crises.

Briser les idées reçues

L’épilepsie :

  • N’est pas une malédiction
  • N’est pas une maladie contagieuse
  • N’empêche pas de vivre normalement si elle est bien prise en charge

Un diagnostic précoce et un suivi régulier permettent d’améliorer considérablement la qualité de vie des patients.

Interviews, Pneumologue

Pollution de l’air : une menace silencieuse pour la santé publique

Interview – Dr Iantsotiana RAKOTONDRABE

Une urgence mondiale sous-estimée

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 9 personnes sur 10 respirent un air pollué, et 13 décès par minute sont attribués à la pollution atmosphérique.

Peut-on réellement mesurer l’ampleur de ce chiffre ?
Il ne s’agit plus d’un simple risque : c’est une véritable menace pour la santé publique.

Les principales sources de pollution à Madagascar

Plusieurs facteurs contribuent à la dégradation de la qualité de l’air :

  • Les feux de brousse
  • L’accumulation des déchets
  • Les émissions industrielles
  • Les gaz d’échappement des véhicules, notamment diesel
  • L’utilisation du charbon de bois et du bois de chauffe

Ces activités libèrent dans l’atmosphère des substances nocives telles que :

  • Les particules fines (PM2,5)
  • Le monoxyde de carbone
  • Le dioxyde de soufre
  • Les oxydes d’azote
  • Le benzène
  • L’ammoniac
  • L’ozone
  • Les hydrocarbures aromatiques
  • Le plomb

Ces polluants ont des effets directs et parfois graves sur la santé humaine.

Quels organes sont touchés ?

La pollution de l’air affecte de nombreux organes :

  • Les poumons
  • Le cœur et les vaisseaux sanguins
  • Le cerveau
  • La peau

Mais les premières atteintes concernent le système respiratoire.

Elle peut provoquer ou aggraver :

  • L’asthme
  • Les allergies respiratoires
  • La bronchite chronique
  • La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

Ces maladies se manifestent par :

  • Une toux persistante
  • Une sensation d’oppression thoracique
  • Une difficulté à respirer

Pollution et asthme : un lien démontré

Les recherches scientifiques confirment que la pollution atmosphérique augmente le risque d’asthme chez l’enfant, y compris dès la période prénatale.

Par ailleurs, les hospitalisations pour crise d’asthme sont significativement plus fréquentes — jusqu’à 15 % de plus — chez les personnes vivant durablement dans des zones fortement polluées.

Les conséquences à long terme

La bronchite chronique, souvent associée au tabagisme mais également à la pollution de l’air, peut évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique.

Cette complication altère progressivement la fonction pulmonaire et augmente le risque de décès prématuré.

Au-delà des maladies respiratoires, la pollution favorise également :

  • Les infections respiratoires, notamment chez les enfants et les personnes vulnérables
  • Certaines formes de cancer, notamment du poumon et de la vessie

Une responsabilité collective

La lutte contre la pollution environnementale est une responsabilité partagée.

Les autorités publiques jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre de politiques de protection de l’environnement et de santé publique. Toutefois, l’action doit aussi commencer au niveau individuel et communautaire.

Parmi les mesures essentielles :

  • Respecter la propreté à domicile et dans les espaces publics
  • Lutter contre les feux de brousse
  • Réduire les émissions liées au charbon et aux véhicules
  • Encourager la plantation d’arbres

Car en matière de santé publique, le principe reste le même :
mieux vaut prévenir que guérir.

Retour en haut